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Slumdog Millionaire de Danny Boyle

jeudi 15 janvier 2009, par Sandrine Liochon, Thibault Lebert


Voir en ligne : www.ilovecinema.tv La nouvelle télé du 7e art

Slumdog Millionaire
- un film de Danny Boyle

- Date de sortie : 14/01/2009

- Comédie dramatique, Tous publics

- Durée : 1h58

Synopsis :

Jamal Malik, orphelin de 18 ans vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies dans l’émission version indienne de Qui veut gagner des millions ? Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie.

Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d’où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu’il a perdue.

Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d’une émission de télévision ? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.

Le zoom express de Sandrine

Si l’un des pièges du film biographique est le transfert d’un acteur à un autre lors du passage d’un moment de vie d’un personnage à un autre moment, alors nous pouvons dire que ce film est une réussite.

L’autre grand pièce du film biographique, c’est la difficulté à recréer l’émotion vécue sans rien lui enlever de sa justesse, sans chercher à l’intensifier pour la rendre plus cinéphilique. Ce film est un pari réussi en ce qu’il sonne vrai. Les personnages sont justes, le spectateur s’identifie à eux, à la quête de ce jeune homme, à cette lutte une fois de plus entre le Bien et le Mal, entre l’Amour et l’Argent car c’est entre ces deux désirs qui saisissent tout homme que notre héros a le choix, il est un héros tragique malgré lui au début puis il devient un héros assumé tout comme son frère le deviendra en suivant, bien qu’aîné, la voie que lui montre son cadet pour trouver sa vérité.

Ce qui est vraiment beau dans ce film, c’est que le héros réussit non pas parce qu’il était prêt à tout pour cela mais parce qu’il veut à tout prix retrouver sa bien-aimée.

L’avis critique de Thibault

Thibault Lebert

De retour sur nos écrans deux ans après le film de science-fiction Sunshine, le très éclectique Danny Boyle adapte le roman de Vikas Swarup Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint millionnaire. Des bas fonds de Bombay au pactole télévisé, le livre racontait l’incroyable destinée d’un gosse des rues. Remaniée, concentrée, simplifiée, l’adaptation de Danny Boyle dans Slumdog millionnaire n’est pas fidèle à 100% à l’oeuvre mais en tire la quintessence. Il manque juste l’humanité décuplée du héros et son engagement pour tous les défavorisés présente dans le livre.

Ici, nous sommes entraîné dans la vie de Jamal Malik, pauvre et jeune indien parfaitement incarné par Dev Patel à qui la vie ne semble pas sourire jusqu’au jour où elle lui offre le gros lot au jeu télévisée Qui veut gagner 20 millions de roupies ? Le grand mérite du scénario est d’avoir rythmé les aventures de Jamal avec les questions du Foucault du Rajasthan. Ponctuée des retours dans le commissariat ou sur le plateau télé, la biographie du garçon est tout de suite plus digeste. On est happé par cette histoire assez dingue mais poétique.

Danny Boyle est un cinéaste atypique et éclectique qui a su s’immiscer dans différent genre avec un style reconnaissable et des thématiques personnelles. Dans Slumdog millionnaire, on y retrouve sa patte. Sa mise en scène est absolument magnifique et d’une nervosité que le réalisateur semble renouer enfin avec Trainspotting. Il livre une spectaculaire histoire d’argent sur fond d’une réalité sociale cruelle en Inde et d’une histoire d’amour attachante. Danny Boyle rend beau même les pires bidonvilles de Bombay, et apporte de l’esthétisme à chaque plan, même dans les scènes les plus dures. L’ambiance des bidonvilles est retranscrite avec tellement de justesse que cela en devient beau. On remarque ces couleurs chaudes toujours magnifiques pour faire face à une misère omniprésente dans les bidonvilles. La photographie rend les couleurs vraiment plaisantes à voir.

Si la construction peut sembler un peu complexe, elle est très fluide et l’on ne s’y perd pas, ces histoires qui captivent et touchent dressent un portrait de L’Inde et du parcours d’un jeune aussi chaotique que bouleversant. C’est avant tout un portrait saisissant de l’Inde d’aujourd’hui, misérable, violente, splendide... L’interprétation, sans faille, transpire la sincérité. Le personnage